"La révolution ne vient pas remplir une nécessité esthétique,
mais solutionner une série de problèmes d'ordre social qui sont posés."
Juan Garcia Oliver, juin 1936


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La lettre du Coquelicot n° 18 - avril 2018               EDITIONS DU COQUELICOT,  EDITIONS LIBERTAIRES DE TOULOUSE... ET DU RESTE DU MONDE ! BP 74078 / 31029 TOULOUSE CEDEX
PROCHAINES PARUTIONS

Ce que j'ai appris dans la vie / Angel Pestaña


Ortiz, un général sans dieu ni maître / José Marquez Rodriguez, Juan José Gallardo Roméro


Contibution à l'histoire de la CNT en exil / José Berruezo











BILLET...

La Jaquette
Les dialogues de Garcia Oliver (4)
(DES EXTRAITS DES MÉMOIRES DE GARCIA OLIVER QUE NOUS AVONS ÉDITÉES EN FRANÇAIS...)

Fin septembre 1936, la CNT décide d'intégrer le gouvernement de La Generalitat de Catalogne. Le Comité des milices vit ses dernières heures...

(...) Ce matin-là, pratiquement dépossédé de mes fonctions au Comité des milices, je suis allé à la Maison CNT-FAI pour voir comment ils préparaient l’entretien solennel de présentation des trois conseillers. Dans divers secrétariats du Comité régional il y avait pas mal d’allées et venues, quelque chose de comparable au désordre caracté-ristique des préparatifs de mariage, quand les fiancés ont perdu la notion des réalités et ne sont même plus capables de faire le noeud de cravate ou d’attacher la jarretière. Je pris un siège. Personne ne m’accompagnait. Tout à coup, il se produisit comme un tourbillon de personnes venues de l’autre secrétariat et un type au visage de curé apparut, lunettes noires, rasé de frais, nœud papillon sur une chemise d’une blancheur impeccable et portant une longue jaquette solennelle sur un pantalon à rayures. J’avais des visions !
Dans mon travail de garçon de restaurant, j’avais porté le smoking et l’habit avec un
peu de honte à cause de la pauvre qualité de mes vêtements qui étaient loués et n’avaient pas la prestance solennelle de cette jaquette-là. L’individu me vit, ne me salua pas et rentra dans le bureau de Marianet. Je m’approchai d’une secrétaire que je connaissais.


- Peux-tu me dire, compagnon, qui est ce monsieur à la jaquette ?
- C’est le compagnon Fábregas, notre conseiller à l’Économie au gouvernement de la Généralité.
- Tiens ! Je ne le connaissais même pas ! Voilà, en ce moment je ne peux pas retourner au Comité des milices et j’ai à parler à Durruti, à Bujaraloz. Tu veux me demander la communication ?
- Oui...Durruti ? C’est moi, Juan. Je suis au Comité régional, en train de contempler les préparatifs de prise de fonction de nos conseillers à la Généralité. Figure-toi que l’un d’eux, un certain Fábregas que je ne connais pas porte la jaquette... tu vois où en sont les choses... ici, en attendant que tu prennes Saragosse...
J’ai entendu un clic. Durruti avait raccroché. Ces jours-là, il fit une déclaration singulière : « Nous renonçons à tout sauf à la victoire ». Bientôt nous fûmes assiégés par tous les grands médias à cause de la fameuse consigne de Durruti. Parce que cette consigne tombait à point pour les communistes. Les communistes et communisants le disaient autrement : « D’abord gagner la guerre ». La révolution, à force de renoncements, était déjà était bien perdue. Avec la même facilité nous perdrions la guerre. (...)

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JUAN GARCIA OLIVER :
 
L'
ÉCHO DES PAS

Le livre épopée des mémoires de Juan Garcia Oliver / 640 pages / 25 €
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