"La révolution ne vient pas remplir une nécessité esthétique,
mais solutionner une série de problèmes d'ordre social qui sont posés."
Juan Garcia Oliver, juin 1936

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La lettre du Coquelicot n° 17 - octobre 2017
PROCHAINE PARUTION 

20 ans de prison
Les anarchistes dans les geôles franquistes

Joan Busquets Verges
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Note du traducteur, Renacer Soler :
[...] J’ai suivi, enfant et adolescent en exil, les hauts faits de ces guérilleros mythiques qui donnaient leur vie à cet idéal qui sera aussi le mien. J’ai vu ma mère pleurer trop souvent lorsque un tel ou tel autre qui était passé à la maison la semaine dernière était “tombé”. Je me suis donc attelé à cette tâche avec beaucoup de tendresse et plus de coeur que de tête. Dés le début j’ai compris l’impossibilité qui serait la mienne de rendre l’extraordinaire ambiance de cette période dans ce milieu anarcho-syndicaliste, ambiance si bien décrite par l’auteur, où il suffisait d’arriver en disant que l’on était un compañero pour que la porte s’ouvre, et que la compañera ajoute de l’eau à la soupe (comme disait Kropotkine en exil à Londres).[...] [...] Je ne sais si j’ai réussi à rendre la richesse de ce livre, contrepoint et interpénétration de l’autobiographie d’un homme, d’une période de l’histoire d’Espagne, de l’expression d’une idéologie inébranlable et d’une incroyable galerie de portraits.[...]

BILLET...
L'or de l'Espagne 
Les dialogues de Garcia Oliver (2)
EXTRAIT DES MÉMOIRES DE GARCIA OLIVER QUE NOUS AVONS ÉDITÉES EN FRANÇAIS 
Juan Garcia Oliver reçoit au Comité Central des Milices Anti-fascistes de Catalogne(1) le compagnon Montserrat venu le voir au sujet de l'or de la Banque d'Espagne qui, comme chacun sait, est parti dans la poche à Staline...

- As-tu des informations sur ce que fait le gouvernement de Madrid de l’or de la Banque d’Espagne?
- Non, je n’en sais rien.
- Dernièrement, j’ai du faire pour l’Organisation des démarches qui m’ont mené jusqu’à Carthagène. Là j’ai appris qu’on avait embarqué l’or de la Banque d’Espagne. Ils m’ont montré l’un des bateaux qui le transportaient mais personne ne savait vers quelle destination. Est-ce que tu le sais ? Est-ce que le Comité des milices le sait ?
Je lui répondis que je n’étais pas au courant de l’affaire.
- Et maintenant que tu le sais, ne pourrais-tu pas récupérer cet or et l’amener à Barcelone pour que le Comité des milices puisse acheter les armes dont il a besoin ?
- Ton information est très précieuse mais qu’est-ce que je peux faire, moi ? Tu me dis que l’or est à Carthagène, tu n’ignores pas que le Comité des milices n’a autorité qu’en Catalogne et dans la partie de l’Aragon occupée par nos forces. Tu sais aussi que la CNT catalane ne peut rien faire hors de la Catalogne ; La CNT est une confédération de confédérations régionales dont l’autonomie est proche de l’indépendance.
- Je le sais bien, mais ne pourrais-tu pas improviser quelque chose qui te permettrait d’intervenir énergiquement pour l’or ?
Il me donna comme exemple l’envoi à Valence des deux camions pleins de compagnons des quartiers du Clot et de Pueblo Nuevo, commandés par « Valencia » et Alfonso Miguel.
- C’est ça, Montserrat. Regarde ce qu’on pourrait faire : préparer deux camions avec environ cinquante compagnons de la section maritime du syndicat des Transports, armés de fusils, fusils mitrailleurs et grenades. Les envoyer à Carthagène pour qu’ils arrivent de nuit. Ils prennent d’assaut le bateau, obligent l’équipage à prendre la mer et dès qu’ils arrivent dans les eaux territoriales de Catalogne, j’apparais, je prends en charge le bateau et l’or et je couvre l’entreprise au nom du Comité des milices. Cela te paraît un bon plan ?
- Magnifiquement conçu.
- On peut commencer à le réaliser tout de suite. Je fais reposer l’organisation de tout ce que j’entreprends sur un seul compagnon. En ce moment je n’ai qu’un compagnon capable de se charger d’une mission aussi importante. C’est toi. Dis-moi si tu acceptes et on se met au boulot tout de suite.
- Je ne dis pas non, mais je dois y réfléchir calmement. Si je me décide, je te le ferai savoir.
Nous nous sommes quittés. Je ne comprenais pas. Il me semblait que Montserrat cachait quelque chose. Il n’était pas normal qu’il me parle à moi de l’or de la Banque d’Espagne. Il aurait du le dire à Abad de Santillán et à Federica Montseny.
L’initiative venait-elle de lui ? Il ne décida rien quant à la proposition que je lui avais faite. Croyait-il,quand il vint me voir, que j’allais partir en courant pour Carthagène ?

(1) Le Comité Central des Milices anti-fascistes de Catalogne (CCMA) fonctionnera de fin juillet à début octobre 1936. Garcia Oliver y était délégué à La Guerre au nom de la CNT.



 


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Le livre épopée des mémoires de Juan Garcia Oliver / 640 pages / 25 €
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