- Lire : Solà, « Le réseau d’évasion du groupe Ponzan »
[sept 2009]
Ce livre est un hommage à Ponzan Vidal, militant anarcho-syndicaliste
espagnol actif dans la révolution de 1936 puis dans la résistance en
France pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’auteur retrace, tout d’abord, la vie de Ponzan en Espagne, depuis son
enfance jusqu’à son passage rocambolesque à travers les Pyrénées, parmi
les derniers combattants antifascistes.
Après le coup d’Etat de Franco, il vit de nombreuses péripéties dans
l’Aragon libertaire et sur les barricades de Barcelone, puis intègre un
service de renseignement, le SIEP, qui passe les lignes ennemies pour
organiser des sabotages, exfiltrer les militants piégés en territoire
ennemi et renseigner sur les mouvements de troupe. Ce passage peut
paraître facétieux pour un lecteur peu habitué au langage militaire
(évolution des lignes de front, mouvement de troupe etc.). Cependant,
Téllez Sola développe admirablement l’univers dans lequel les militants
anarcho-syndicalistes étaient confrontés en état de guerre totale
jusqu’à la Retirada, avec toutes ses renonciations.
Une fois en France, une nouvelle résistance commence à se structurer en
réseaux affinitaires et politiques dans les camps de réfugié-e-s. Face
aux nazis et à Vichy, Ponzan et ses ami-e-s privilégient l’alliance
politique avec certains réseaux liés aux services secrets français qui
n’acceptent pas la défaite et surtout les militaires anglais, notamment
des aviateurs, qui vont financer le groupe pour le faire sortir, de
France. Cette attitude ne sera pas du goût du comité CNTen exil.
Pourtant ce réseau d’évasion sera l’un des plus important de l’Hexagone.
Le groupe développe, en parallèle des opérations de résistance dans
l’Espagne franquiste. La fin est tragique. Ponzan est arrêté et enfermé
à la prison Saint-Michel de Toulouse. Le 17 août 1944, il est emmené et
fusillé, en catimini, avec 53 autres prisonniers, dans la forêt de
Buzet-sur-Tarn. Leurs corps seront livrés aux flammes de la vengeance
par la soldatesque nazie, battant en retraite.
L’auteur retrace là l’épopée d’activistes anarchistes qui face à
l’adversité sont partagés entre le front social et le front républicain.
Téllez Sola, cite à foison des militantes et des militants, compagnons
d’infortune de Ponzan, qui sans cet ouvrage seraient restés dans l’oubli
de l’histoire officielle. Mais la force de ce livre réside dans cette
peinture pleine d’humanité du parcours personnel de Ponzan, rempli
d’énergie, de solitude, de renoncements, d’espoir dans le retour
anarchiste en Espagne, de haine envers les fascistes comme les
staliniens, d’angoisse et d’inquiétude pour les proches, notamment sa soeur.
Jean-Marc Izrine (AL Toulouse), Dans Alternative Libertaire mensuel d'août 2009
- AZF : LA FIN D'UN
PROCES-SUS... [juillet 2009]
Pour
nous, au Coquelicot, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais
de « solution judiciaire » à la violence
combinée de
l’Etat et du patronat dans leur souci d’avilir, soumettre et prospérer.
Les lois et règlements qu'ils édictent et sur lesquels ils s’assoient
ne valent bien que pour le quidam ordinaire.
On nous a présenté ce
procès comme un moyen pour les victimes de faire leur deuil, de tourner
enfin la page de ce 21 septembre 2001… Tout comme les jours suivant
l’explosion, on envoyait des équipes de psy « gérer le
traumatisme ». Contrôler, apaiser et finalement faire dériver
la
colère… vers les tribunaux !
Faute de lutte véritable et
noyée dans "la plainte" et les cortèges funèbres qui parcoururent la
ville, cette contestation affadie participa à la
remise en
selle des pouvoirs et institutions hiérarchiques partis aussi en
quenouille pendant les quelques heures suivant le drame. Ce fut net
dans l’Education où "la reprise au plus vite pour montrer qu’on est
forts et solidaires" fut chantée sur tous les toits et fit des ravages
par la suite sur la santé des élèves et des personnels (problèmes
d’audition occultés, dépressions en pagaille etc.).
Alors voilà.
Rien de neuf. Le patronat voulait embrouiller les choses pour que l’on
sorte de là avec "La faute à pas de chance" comme explication
à
l’explosion du Sud de la ville !!! Pour cela, ils auront tout
utilisé, allant même jusqu’à salir la mémoire d’un intérimaire
d’origine maghrébine mort aussi dans l’explosion. Cette histoire de
caleçons superposés qui protègent les couilles des kamikazes candidats
aux vierges paradisiaques !!! Pourtant
l’enchaînement des
causes et des effets est connu et prouvé : Un mélange de
produits
sur un tas de merdes dans un hangar pourri, le tout dans une usine
développant la sous-traitance pour faire des économies… (Voir
la
synthèse du 4 juin 2009 sur le site de l’association PJCNINA.)
Tout
aurait pu être dit en une semaine. Mais il fallait que ça dégouline
longtemps manière d’amollir l’ambiance, de se maintenir "dans la
plainte" et ainsi noyer la colère sous une rivière de larmes de
crocodiles.
Le procès aura peut-être quand même servi à cela (pour
ceux qui avaient encore un doute) : démonter les thèses délirantes sur
les attentats, attaques de martiens et autres déclenchements d’arcs
électriques que les avocats et soutiens salariés du patronat ont tenté
de remettre en selle plusieurs mois durant…
Alors maintenant que
l’ancien PDG de Total a fait tranquillos son petit tour de prétoire
salle Jean Mermoz, que les collabos du patronat de l'association
"mémoire et solidarité" vont partir à la retraite et que les cadres de
la chimie vont retourner à leurs certitudes scolaires... Quid ?
Trois ans avec sursis sont requis contre l'ancien directeur de la
boîte, Serge Beichlin, le jugement aura lieu en novembre...
La
sauce chimique continue à se diluer dans le temps comme des journées de
grèves rares et éparses qui flitoxent toute lutte véritable...
Alors maintenant ?
Maintenant, la vie est ailleurs.
Pour
mémoire Le Coquelicot mettra progressivement en ligne "son
dossier" constitué de tout ce qu'il a publié sur le sujet (pages du
PISTIL NOIR)...
Sévy
- LE
SPECTACLE [juin 2009]
- Un
monsieur, sociologue, de son état, disait vivre, dans une société ,dans
laquelle le spectacle est roi, et où, certains,- cherchent dans les
yeux de l'autre, le reflet, non de leur propre image, mais de celle
qu'il voudraient donner d'eux même.
Donc selon ce monsieur, le
paraître primerait sur l'être… Possible, mais ayant fait mes "humanités
à l' école Voltaire (place du Puig à Perpignan) je ne
m'aventurerai pas dans l'art, ô combien difficile de la rhétorique
Mes,
propos, autrement plus simples, rejoignent, néanmoins sur un point
précis ceux de ce monsieur : nous vivons bien dans une société dans
laquelle le spectacle est partout, certes, mais il y a le spectacle "
fabriqué" et celui qui ne l'est pas.
Car la vie en société est un
spectacle permanent, et les lieux de vie, une scène, sur laquelle tout
un chacun acteur / spectateur, évolue ; la représentation est,
gratuite, il en coûte juste l'effort de regarder autour de soi.
Laissez,
vous entraîner, un dimanche matin, par le flux qui vous mènera à la
place Cassaynes, lieu culte, dans lequel, des chalands, viennent se
ressourcer, prendre un bain de foule, beaucoup plus bigarrée et haute
en couleurs que celle qui hante les temples de la consommation.
Foutoir
magnifique, dans lequel vous trouverez tout et pas grand chose, pas
forcément meilleur, marché, mais la "valeur ajoutée " faite de rapports
autres que virtuels, pèse lourd dans la balance.
Lesté d'achats
,que votre âme sœur (ayant des choses à voir, dont l’intérêt vous
échappe ), laisse à votre garde non sans les recommandations d'usage,
profitez de la pause, devenez spectateur.
Nul besoin d'imaginaire,
le spectacle se suffit à lui même, hétéroclite, étonnant, des flux
ascendants et descendants réussissent sans heurts majeurs et avec une
civilité inhabituelle à se faufiler dans les venelles que sont les
chiches espaces "libres" délimités par les étals.
Certains
couples, disparates ( selon votre critère forcement subjectif)
intriguent, autorisent des supputations ridicules car chacun
sait
que question goûts et couleurs...
Le comportement des maris /
conjoints amuse, non déterminants quant au choix des achats, souvent la
tête ailleurs, et le regard aussi ... Jouent sans rechigner, le rôle du
supplétif, bon à tout faire.
Un spectacle de prime abord,
insolite, puis, désolant , ramène à une réalité bien moins festive,
deux personnes âgées, mari et femme sans doute ; un petit chien, tenu
au bout d'une longue laisse, précède le couple et "ouvre" le chemin.
La
dame accrochée à la poignée suit à distance, sourire aux lèvres et
regard absent, le mari, placé à mi longueur, entre le chien et son
épouse, tient la laisse et à distance contrôle l'animal.
Cette
image, insolite, dérange, met mal à l’aise ; elle fait pourtant aussi,
partie du spectacle qu'est la Vie, dans lequel chacun joue son propre
rôle, sans sur jouer pour autant.
- De notre "envoyé spécial" à
Perpignan
- LE
COQUELICOT N'EST PLUS EN PAPIER JOURNAL [sept 2008]
- Nous ne sommes et n'avons jamais être,
seulement, un journal d'expression de luttes. Quelles luttes en effet
pourrions nous soutenir, quand la majorité des mouvements vise
essentiellement à préserver des situations (des acquis) dont nous
percevons bien l'impérative nécessité de les plastiquer mais que par
manque de réflexion nous ne savons par quoi ou comment les
remplacer. Nous avons conscience que notre mode de vie repose
sur la surexploitation de la planète, sur la paupérisation et l'agonie
d'une bonne partie de ses habitants et néanmoins il faudrait continuer
a défendre ce mode de vie !
- Nous n'avons pas pu, et le regrettons,
donner au Coquelicot l'envergure d'un journal de réflexion (surtout à
parution régulière…) et pourtant il y a là un manque cruel : des gens
qui réflechissent et s'expriment. Un levain pour des luttes auxquelles
on pourrait croire.
- Nous avons décidé
d'interrompre la parution du Coquelicot sous sa forme de journal
papier, de maintenir l'activité édition et de tenter de sortir des
cahiers sur des thémes précis (immigration/émigration : les N.D.P, le
travail/salariat : l'aliénation… etc).
- Si d'aucuns se sentent des démangeaisons
dans le stylo !
LELLes Coqs
| Lire : le réseau d'évasion [sept 2009]
AZF : La fin d'un proces-sus [juillet 09]
Le spectacle [juin 09]
Le Coquelicot n'est plus en papier journal [sept 08] |