"La révolution ne vient pas remplir une nécessité esthétique,
mais solutionner une série de problèmes d'ordre social qui sont posés."
Juan Garcia Oliver, juin 1936

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 Liber...terre     Suites numériques de la chronique papier parue de 1995 à 2006...



Short E-Story : Business as usual ? Une Histoire vue d’en bas
1. le triomphe du matérialisme (novembre 2016)
par Benjamin Auguste

 
Pauv'naze de riche, Sarclo

Le triomphe historique du matérialisme : un paradoxe ? Si comme l’a dit Warren Buffet, dans la lutte des classes, la classe affaires a gagné par KO, il est un autre vainqueur, « clandestin » si l’on peut dire, c’est la taupe, que nous appellerons Marx pour éclairer la galerie. Si le capitalisme a toujours au moins deux coups d’avance dans ce jeu de dupes, bien loin de démentir la lutte des classes, ce mécanisme en confirme la virulence.

Cet état de fait est aussi la confirmation à de nombreux niveaux du triomphe du matérialisme historique, comme du matérialisme entendu en son sens le plus courant. Bien sûr, quelques « voiles pudiques » peuvent amener à penser que le système dominant est le parti de ceux qui vénèrent Dieu, sous des formes d’ailleurs assez variées, voire opposées : cette vision serait très spirituelle, si elle n’était que le reflet inversé du théâtre d’ombres qu’a su mettre en place le système dominant, sachant jouer à la perfection des outils de la religion, de la communication, et de ce qu’on appelle généralement la culture : la « superstructure » n’a jamais été aussi bien utilisée par la classe dominante, sous ses avatars contemporains, que dans la période actuelle. Il n’est pas jusqu’à Nicolas 1er qui n’ait fondé sa stratégie gagnante sur Gramsci-si ! (s’il n’en a surement rien lu en entier, il en a tiré le « concept opératoire », dans une stratégie utilitariste qui est une des formes gagnantes du dit matérialisme) et au passage aussi a fait les poches à Edgar Morin. Notons d’ailleurs que ce spécialiste des « détournements de fond » s’est aussi récemment approprié la notion de « collectif » pour aligner NKM : Nicolas comme apôtre du collectif, ça donne une idée de la transmutation de l’or en plomb qu’il pratique depuis des années jusqu’à son joli coup de bonneteau avec « Les Républicains ».

La « classe dominante» a même presque réussi à se passer du vieil opium du peuple en lui proposant des produits de synthèse plus élaborés et surtout plus rentables. La caverne de Platon semble une allégorie plus que jamais d’actualité. Dans la caverne, le monde des opinions, reflet du dehors, des cinq étoiles, des idées…

Le para-doxe, c’est ce qui va à l’encontre de l’opinion : le marxisme semble enterré… et l’œil est dans la tombe. En parallèle au renforcement considérable des moyens de destruction et de répression dont elle a su se doter, l’accaparement des moyens de contrôle des cerveaux par la classe affaires n’avait jamais atteint un tel niveau et tout indique que ce n’est pas fini. La télévision est passée, en quelques décennies, d’un stade artisanal à un stade suprême de conditionnement collectif, à tel point qu’elle est aujourd’hui en voie de dépassement et d’obsolescence comme la plupart des outils techniques du siècle précédent. Le « toujours plus » et le toujours mieux semblent sur ce plan, ouvrir des horizons quasi galactiques…De la colonisation de l’espace aux nanotechnologies (le Diable se cachant, lui, dans les détails), la conquête s’étend de l’infiniment grand à l’infiniment petit : no limit ! Triomphe de la science ? Si « ce sont les hommes qui font l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font » (Marx), assurément ce sont les scientifiques qui font la science, mais d’autres savent mieux qu’eux la science qu’ils font…

On peut donner quelques illustrations du triomphe de la taupe, que l’on croit à tort malvoyante, mais qui est visionnaire parce qu’elle voit ce qui se passe en dessous de la surface des choses. Il suffit de prendre un par un quelques concepts du talpidé pour en voir la matérialisation florissante.

« Accumulation du capital » : faut-il entrer dans le détail des comptes ? Le capitalisme à la papa est regretté par les travailleurs : on connaissait son patron, on pouvait même le combattre. Les actionnaires n’ont pas de visage : pas vu, pas pris. On a l’âge d’or de ses moyens.

« Fétichisme de la marchandise » disait-il il y a bientôt deux siècles : est-il besoin de développer beaucoup ? Nul besoin d’avoir fait de longues études d’économie ou de psychologie sociale : le plus riche comme le plus pauvre en vivent quotidiennement les deux faces, la consumation comme le manque : triomphe de la marchandise, plénitude du vide, remplissage des caisses. La marchandisation du vivant s’était emparée des corps dans la grande machine industrielle. Dans nos pays dits développés, la dernière industrie florissante est l’industrie hospitalière. Le travailleur est devenu un coût exorbitant ici : un corps dépendant est beaucoup plus « profitable ». La marchandise a su élargir son champ en rentabilisant le corps des vieux, sans parler de la privatisation des semences, de l’eau… pour l’air, c’est dans les tuyaux. Pour les cerveaux, c’est fait.

« Aliénation » ? Peut-être cela mériterait quelques lignes, tant cette notion semble aujourd’hui oubliée, ce qui signe ici son apothéose. En effet, dans les premières décennies du capitalisme, on pouvait parler d’aliénation puisqu’elle était en construction et qu’elle était donc encore consciente et conscientisée. Aujourd’hui, il n’est plus guère utile d’en parler puisqu’elle est en voie d’achèvement. Les entreprises sont même passées à la mode de l’Ethique : c’est très vendeur. Cela fait penser à cette vieille maxime russe : « c’est quand il n’y a plus de vodka qu’on parle de la vodka ».

Il n’y a plus d’ouvriers ? Certes, bien des choses ont changé : la dispersion des activités, l’individualisation des tâches, l’externalisation des productions de masse concourent à leur disparition en tant que classe : « en soi », peut-être, « pour soi », sûrement, pour les autres définitivement. Là encore, confirmation d’un concept marxiste. Les ouvriers, en tout cas chez nous, sont surtout devenus invisibles. Le peuple ne fait plus peur : « sans dents », il ne peut même plus y glisser le couteau. Des « syndicalistes » ( ?) en viennent à caser les chômeurs dans la catégorie « lumpen », ceux qui viennent des lieux de bannissement : une main-d’œuvre jetable, n’est-ce pas la définition du prolétariat ? Ce ne sont pas les illettrés qui font la littérature, (Eddy Bellegueule ou le Retour à Reims de Didier Eribon en sont, en creux, l’illustration) ni les pauvres ou les Grecs qui fixent les règles de l’économie ; ce ne sont pas non plus les ouvriers qu’on voit à la télévision ou qu’on entend à la radio (la suppression de « La-bas si j’y suis », au titre prémonitoire à cet égard aussi, signe la destruction d’un des derniers jardins publics de cette espèce menacée) : ce ne sont pas les vaincus qui écrivent l’histoire et les monuments aux morts des boucheries de 14-18 commémorent la victoire du silence des pantoufles. Ce sont les Népalais (déjà 382 morts fin 2014) qui construisent les stades au Qatar et les esclaves qui ont bâti les pyramides où ce ne sont pas que vingt siècles qui nous contemplent… Mais nous, qui sommes censés être vivants, du moins le croyons-nous, qu’y con-templons-nous ? Les temples du pouvoir devant lesquels on doit se prosterner : le signe de la prière est celui de la soumission. Pouvoir implique servitude. C’est quand nous sommes couchés qu’ils paraissent grands.

La taupe ne pouvait pas connaître le football : comme elle aimerait ce jeu ! Jusqu‘au triomphe des villes bourgeoises sur les villes de mineurs et à la prolétarisation dorée de leurs figurants : le prolétaire, dans l’acception traditionnelle, c’est celui qui n’a que ses bras : comment doit-on appeler celui qui n’a plus besoin de ses bras ni de sa tête, mais seulement de ses pieds pour vivre ? Passage en dribble d’homo erectus à Néo-bipède en short, qui fait un petit pont à homo sapiens.




SYLVAIN LE MOMO A RENDU SES CLÉS
13 Septembre 2016, par les compagnons du Coquelicot

 
"L'usine", par les travailleurs de la nuit

Sylvain le Momo a rendu ses clés.
C'est sous ce pseudonyme que Philippe Lautard signait des chroniques que Le Coquelicot publiait sur le site de nos éditions dans la rubrique liber-terre.
Le Momo s'était inventé un pays qu'il nommait "Le territoire du Tsiou de l'Aouta" d'où il assemblait des mots trashs et tendres qu'il nous balançait à la volée.

Philippe, compagnon libertaire toulousain, syndicaliste et postier révolté s'en est allé.

Nous perdons un compagnon de route, militant du même rêve qui nous bouge et partageons une grande tristesse avec la petite Nedje de sa dernière chronique. 
Salut l'Ami.

Les compagnons du Coquelicot



LA PETITE NEDJE DANSE SUR MON VAGUE À L'ÂME
Par Sylvain Le Momo
Toulouse, novembre 1999 - 2014


"Maison Blanche" - Origines Contrôlées


Ce soir-là, une fois de plus je n’étais pas rentré.
Il est vrai en y pensant, que rien ni personne ne m’y obligeait maintenant.
C’était un mercredi, et ce soir comme tant d’autres, ils n’étaient plus à la maison. Alexandre, mon aîné, habitait maintenant en semaine à Brive où il faisait sa première année d’école d’infirmier.
Sabine m’avait téléphoné ce matin pour me dire qu’elle n’était pas chez elle et qu’il fallait que je m’occupe de Coralie ma fille cadette. Coralie avait son entraînement de "Gym Pilate" et elle m’avait dit qu’elle allait dormir chez sa mère et, que de toute façon, malgré ce qu’elle disait, elle pouvait se débrouiller seule pour bouffer. Je lui avais dit de ne pas en parler à sa mère, que je ne me prenne pas une nouvelle cartouche...
J’avais appris par José mon ex beau-frère qu’elle présenterait ce soir son nouveau mec, le docteur  député vert et son « ex-psychanalyste la-con-enien » à ses soeurs et son frère.
Grand bien lui fasse...
Ce soir allait définitivement marquer mon exclusion de leur famille.
Elle m’avait accordé un répit de six mois pour me mettre de l’argent de coté et dégager de la maison. Elle avait préparé seule « son » divorce avec son avocate, qu’elle voulait que je signe à l’amiable. Je n’avais pas les forces financières ni psychologiques pour me livrer à un éventuel combat.
J’espère que mes graines d’anar allaient  fusiller en plein vol son cornard de verdâtre quand elle leur présenterait...
Ce soir-là,  je devais me rendre à une réunion du comité Chiapas au Clandé, vers huit heures comme tous les mercredis soirs, en allant chercher Alain Le Petit, mais nous verrons que je ne le fis pas...
J’essayais de me trouver une activité par soir pour ne pas rentrer délaissé dans notre appartement avant minuit et ne pas me choper le spleen d’un repas seul ou mal accompagné... et engueulé pour tout et rien par ma future ex devant ma fille Coralie qui n’y comprenait plus rien et commençait à filer un mauvais coton.  C’est à ce moment qu’elle a commencé à faire la conne au bahut.
Cet après-midi, la petite Nedje, fille de Dihya* était venue me présenter sa grand-mère au bureau de Poste de Toulouse R.P.
Elle avait dit à sa grand-mère en me présentant :
- Tu vois, c’est lui Sylvain, le copain de maman.
Je leur rendis un large sourire en serrant la main de la grand-mère de Nedje et en envoyant un bisou volatil sur le nez de Nedge.
Elle était mignonne cette petite...
Quand elles partirent, je me suis levé pour aller prendre ma pause avec Michelle ma confidente et je lui relatais la situation :
Dihya sa mère avait débarqué dans ma vie au cours d’une de ces grandes grèves des années 90’ ou elle avait prise l’initiative d’une rencontre avec moi. Nos premières rencontrent m’avait détricoté la libido...
Je restai baba devant cette apparition, de Nedje. Qu’avait-elle derrière la tête concernant ma relation avec sa mère ?
Michelle me dit :
- Ne t’occupes pas de cela pour l’instant, fais-moi en plaisir et rends-moi en grâce. Occupe-toi pour l’instant de ton divorce... Si ça ne va pas, passe à la maison. Félix sera comptant de te revoir. Je te dois bien cela à toi qui m'as sauvée de toutes les relations amoureuses dans lesquelles je me mettais inconsciemment.
Dans l’ascenseur, je me mis à pleurer longuement, elle me prit dans ses bras en mes serrant bien fort :
- C’est rien Sylvain, juste un mauvais moment à passer et je sais que tu as assez de force en toi pour te reconstruire.
Nous rentrions au guichet main dans la main, les collègues de l’arrière, en nous voyant, allaient encore fantasmer je ne sais quoi sur notre relation, mais il n’y avait rien entre nous, c’était simplement ma véritable amie du moment...
Quand je sortis du bureau à sept heures, le ciel était gris et la neige était fine. Ce soir j’avais de la « Nedje » qui dansait sur mon vague à âme...
Je me dirigeais vers la place du Capitole pour aller rejoindre le Florida ou servait mon copain Jacques. Je m'assis à une table près de jeunes étudiantes qui me jetèrent des regards pétillants.
Je crus comprendre grâce à mon anglais approximatif qu’elles disaient que je devais être cette sorte de vieux frenchie prédateur, mais malgré tout charmant. Peut être une occasion pour une relation furtive... Je leur rendis un sourire poli.
Jacques arriva en me disant que j’avais une drôle de gueule et me dit de me méfier des jeunes anglaises. Il voyait leur manège et elles cherchaient à se faire du vieux :
- Tu sais, ce n’est pas pour toi dans ta situation, ne fait pas le con, mon gamin...
Jacques m’avait toujours appelé son « gamin », alors qu’il était plus jeune que moi !
 Nous sortions souvent ensemble,  ses jours de relâche pour aller voir des concerts de rock au Bikini ou ailleurs...
Il prit ma commande :
- Double Tequila-sel, dis-je, en espérant par là embrumer mon esprit et ne plus penser à rien
- Avec ton citron vert et tes olives ? T’es en forme ?
- Tu sais bien me traiter mon salaud.
- On ne traite bien que les bons clients, surtout lorsque ce sont de vrais amis, gamin.
Il m’apporta ma commande puis disparut dans l’autre salle où au bar attendaient des poch'trons de service.
Une des anglaises, rousse avec de belles taches de rousse se pencha vers moi et me dit avec un français approximatif :
- Vous vouloir venir manger cher nous, habitons rue de Rémusat, nous avons bonnes bières, hachisch et de quoi écouter de la musique celtique.
- Go on for the Celtic music, les impressionnai-je... Je finis ma Tequila d’un coup sec et me levai pour les suivre, elles paillaient et rigolaient en anglais.
Arrivé chez elle, je fis le tour de l’appartement, un grand loft avec quatre chambres sympathiques.
Elle s’étaient réfugiées en cuisine pour préparer une grosse salade composée.
Je m’approchai de la platine et mis un disque au hasard, c’était du bon, du rock celtique radical.
La blonde sortit de la cuisine avec une bouteille de Chivas, deux verres et un pack de Guiness .
Elle me servit en disant :
- Very good music, you know.
- Yes sister, répondis-je.
On mangea la salade, assis au sol en buvant de la Guiness et en faisant tourner les pétards.
Les regards des filles se firent langoureux, les deux plus jeunes ne tinrent pas longtemps la distance et allèrent se coucher.
Je restai avec Jude la blonde, et Amélia la rousse en continuant à écouter la zique et en nous mettant à danser. Je passais de l’une à l’autre dans des rocks torrides et endiablés.
Au bout d’un moment elle m’entraînèrent dans une chambre. On se déshabilla en rigolant, elle voulurent me mettre ensemble un préservatif qu’elle prirent dont une boite traînant sur une commode. Le lit était large, au dessus d’un 140...
La suite fut adaptée à ce genre de situation pendant deux, trois heures et nous nous endormirent les uns sur les autres.
Cela m’avait défoulé et fait un bien énorme.
Je me levai à 5 heures du matin, j’allai boire un café à Victor Hugo en attendant la reprise de mon boulot.
Tout en sirotant mon café, je me dis qu’il fallait que je m’occupe de Dihya, mais cela me sembla compliqué au vu de nos premières rencontres.
Quel signal m’avait envoyé Nedge ?
Que cherchait-elle ? La vérité ne sortait-elle pas de la bouche des enfants qui comprennent ce qu’on occulté leur parents ?
Francis débarqua avec Michelle :
- Tu payes ton café mec, je crois que tu en besoin d’un autre avec l’haleine de chacal que tu tiens !
Ils s’y connaissait le bougre !
Michelle se pencha pour m’embrasser en me demandant si je m’étais bien remis :
- T'en fait pas, j’ai compensé. Je te raconterai...
Bref, je ne revis plus les anglaises, mais je continuai à voir Dihya, la belle sauvageonne berbère dont j’allai m’occuper.

Sylvainlemomo@artblog.fr, Editions du Territoire du Tsiou de L’Aouta


* Kahena (signifiant "prêtresse" , "devineresse" en arabe), de son vrai nom Dihya ou Damya (en tifinagh : ?????), est une reine guerrière berbère zénète des Aurès qui combattit les Omeyyades lors de l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.
Plusieurs femmes ont écrit des romans sur la Kahena au XXe siècle et plusieurs penseurs disent que c'est une des premières féministes bien avant le Moyen Age et une des premières reines guerrières de l'Histoire.
De nombreux auteurs la considèrent comme juive... d'autres comme chrétienne et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels...





LES TEMPS CHANGENT -2- (avril 2013)
par Sylvain le momo


Les bérus, Lobotomie

Mercredi 26 octobre 2011 UFR  Salle Ergonomie, 9h20

(Philippe a été transféré des Urgences le lundi à l’UFR de Casselardit à Toulouse.
Il comptait y retrouver Zaouia. Djamila avait été transférée à Blagnac où il comptait aller la chercher dès sa sortie de l’UFR une fois qu’elle aurait fait sa cure des trois semaines.
Manque de bol, Zou n’était pas dans les quatre secteurs de Casselardit qu’il avait hantés au radar et sous Dépakote, pendant deux jours, en pyjama à se faire claquer la porte au bec... Mais où était donc la Miss ?
Il avait mis deux jours, un week-end sans surveillance, à se faire aux lieux et à ses nouveaux colocataires en fumant quelques pétards et en gouleyant du whisky.)

Au cours d’un tournoi de belote, Nadine très philosophe sous les regards approbatifs de Houaria, Jean Mathieu, Marcel, Aimé, Nadine, Laya et  Jacqueline avait dit :
- Tout ce qui nous arrive ici aux colocataires, c’est ce que Marie de la gym m’a dit... Marie, tu aimes bien Sylvain, non ?
- Ce qui nous arrive donc, vient de l’enfance ou du moment où nous étions dans le ventre de notre mère, rajouta Laya, qui sur la question avait l’air d’en connaître un rayon...
- Et pourquoi pas des couilles de notre père, dit Houaria jouissif.
- Ne rigole pas ! Ici, à l’hôpital des enfants, ils font en collaboration avec des instituts américains des recherches sur la génétique et l’apparition de certains cancers.
Ce pourrait être pareil pour nous le peuple des Bipolaires, quand tu vois toutes les expériences chimiques sur nous sans résultats comme pour des anciennes comme Danielle... Celle-ci acquiesça...


Donc, depuis ces bonnes paroles, je n’arrêtais pas de déambuler dans les couloirs de l’hôpital des enfants, proche du Centre Psy de Soins de Casselardit, en quête de réponses à des questions que ne m’étais pas posées et à la recherche d’une enfance que je n’avais pas voulue ou pu connaître...
Quoique d’après mes cousins et cousines, j’avais eu une enfance plutôt « Coq en Patte », enfant gâté, petit agité turbulent à qui on passe tout... Elevé par mon arrière-grand-mère , fille de Mère Terre qui sent le vent de l’Est de la tribu des Navajos près d’Albuquerque, Colorado, USA.


Mais ce que je voyais à l’hôpital des enfants, c’était surtout de jeunes mamans maghrébines, soucieuses et tristes qui avaient l’air perdu, affronter la maladie de leur enfant...  Mais dures au mal lorsque les enfants sont malades, comme me l’avait dit Djamila et Zou Zou. Moi je les voyais fières et altières avec leurs regards intenses.


Je m’en étais épanché à Wahouri le Magnifique, Houari, Mon fiston (il avait 30 de moins que moi et je l’avais adopté comme fils putatif) :

- Oui tes soeurs, comme vous dites les jeunes mecs beurs, elles me subliment voire me transcendent la libido et malgré les saloperies comme la Depakote que l’on prend ici et qui devrait nous tuer le désir, je suis prêt à monter aux pays des merveilles libidinales avec tes soeurs, d’ailleurs ce matin, je faisais la queue au bureau de tabac pour acheter Libé...

- Au lieu de libidinales tu aurais pu employer lubriques, ça te va mieux, me coupa t-il, montrant que pour un rebeu il avait des lettres... ( d’ailleurs il me foutait toujours 400 points dans le cornet au Scrabble)
- Ne rigole pas Aouari ! Et écoute ce que je vais te dire. Je vais donc au relais de l’hôpital des Enfants pour acheter libé, il y avait du monde comme d’hab., et là comme je le fais souvent dans ce type d’endroit, je dévisage les gens autour de moi et je me retrouve nez à nez avec elle :
- On se connait, dis-je, comme suspendu par des anges.
- Oui, vous travaillez au bureau de poste du Pont des demoiselles. Leila, me dit-elle en me tendant la main, vous s'est Fifi selon vos collègues, il n'y a pas mieux ?
- Oui Philippe, quel hasard ! dis-je...
 - Il n’y a pas de hasard, répondit Léila... Il y a simplement des rencontres opportunes guidées par l’envie de se sortir de soi...
   
J’étais médusé, les yeux scotchés à son regard, puis à ses seins et enfin à ses hanches... Vais-je à nouveau me lancer dans la passion des plus furieuses ?
 Oui ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
 Ce que l’on fit ardemment dans les toilettes du service d’ontologie...
Léila, qui était juive tunisienne, me donna son numéro de téléphone. Comme Djamila m’avait laissé le sien... Le mien, je ne le connaissais toujours pas, malgré tous les efforts que j’avais fait depuis mon divorce il y a  cinq ans. Donc, ni l’une ni l’autre ne pouvait me contacter si ce n’était se pointer à mon boulot. Je lui parlais en bredouillant d’un Chili con carne que je devais faire sous quinzaine avec de nouveaux amis.
- Casselardit ! dit-elle, ne t’étonne pas, j’y ai séjourné moi aussi et ce n‘est pas la mort, tu verras... On en parlera à ton Chili, j’apporterai du Boulaouane...
Boulaouane ! Djamila m’en avait aussi parlé si je ne m'abuse. Je pensais délirer sur une autre réalité et me dédoubler sous l’effet des médocs.

Rentré à l’UFR, je pris mon stylo et mes feuilles et me réfugiai dans la salle d’ergonomie.
Ludo et Antony faisaient un ping-pong en écoutant les Têtes Raides sur un petit lecteur CD Firstline qui m’hypnotisa. Comment un tout petit machin pouvait diffuser une telle qualité sonore. Ils m’interpellèrent pour que je vienne faire un baby-foot avec eux .

- Pas de suite, il faut que je me pause...
- Saloperie de medocs ! Comprit ludo qui s’arrête tous les deux jeux pour téter sa bouteille de thé pour cause de privation d’alcool.
Je m’approchai d’Estelle l’infirmière ergothérapeute pour lui demander la reproduction au pastel d’un couple nu sur un sofa que j'avais commencé la veille.
Je n’en revenais pas de ce que j’avais pu faire d’abord au dessin, puis au crayonnage de bâton de pastel. « C’est très bien ! »  m’avait encouragé la jeune infirmière, qui resta bouche bée quand je lui dis que c’était la première fois de ma vie que je dessinais et peignais.
Je lui dis que je n’arrivais pas à dessiner l’homme, alors ni une ni l’autre, je fis une deuxième femme.
A gauche, la première était de face avec de lourds seins que je réussis à faire sensuels comme le dit plus tard Ludo... Ses jambes étaient croisées sur la droite. Son bras gauche enrobait un gros coussin qu’elle serrait contre elle, ce qui donnait du relief à son sein.
L’autre femme était de côté, les fesses et le dos contre la hanche droite de la première, un bout de sein sous le bras... « Pas trop réussi  : pas trop bandant comme les autres ! », dit Ludo pour faire rougir Estelle, ce qu’il réussit avant de repartir goulotter sa bouteille de thé.
A partir de là, n’étant tout de même pas un pro de la peinture, je me suis arrangé fissa le tableau en me faisant un truc à « la Warroll de cuisine » avec que des monochromes poisseux : de l’orange bien pétard pour les corps des femmes, le bout des seins rouges, les coussins verts, les yeux bleus reliés par des lignes en éclairs noirs, le fond rose et le bas du sofa et les coiffures aux carrés marron.
Avec une calligraphie imitée de la police Algerian de Words, je surnommais le tableau en gros et rouge écarlate sur toute la page sous le sofa et entre les jambes...                                       

strange girls on the sofa

Je fis circuler mon tableau comme il était de coutume après la fin d’un travail sous les "ho" les "ha", les "hé" et là certains dirent :
- Mais c’est des déesses égyptiennes !
Ludo ne rata pas l’occasion d’en sortir une de son cru. :
- Philippe, qu’est ce que tu as dans les veines en dehors des médocs. Mlle l’infirmière j’aimerais que l'on me fasse une transfusion de son sang, je pense que cela me guérirait...
- Reste dans ta voie comme disent les indiens, Ici que ce soit au ping-pong et au rap personne ne t’arrive à la cheville surtout quand tu les fais ensemble.
Il était 11h15, l’heure du repas arrivait, tout le monde se dispersa.

Pendant que je rangeais mes crayons, les paroles de Nadine me revinrent ainsi que ce qui s’était passé avec Djamila et Leila...
Et ce tableau ou j’avais croqué des corps de femmes d’allures Egyptiennes ?

Ma mère catholique fervente et dépressive (qui aurait certainement étaient qualifiée elle aussi de Bipolaire) était morte fin juin. Après sa mort, j’avais décidé de sortir de ma camisole chimique sous Lithium comme me l’avait suggéré Catherine, la compagne d’Alain mon meilleur ami.Je l’avais fait sans précaution en forçant Pascal mon Toubib Catho (décidément je les choisissais à  croire que...). Il avait consulté Le Vidal, le gros bouquin rouge qui n’était pas de Mao ( très mauvais...)  et m’avais prescrit de la Dépamide 400 , une cousine de ma Dépakote 750.
Ouverture des vannes par l’arrêt de La Theralite : le Lituim me mit en « mode maniaque », le traitement était mal adapté et ne put freiner. Je partis à moitié à poil sur le parking de ma résidence, j’appelai ma sœur et mon beau frère, le 115... Des connards de Brancardie me firent faire le tour de la rocade pendant une heure et enfin je fus déposé aux urgences Psy de Purpan. (Cf part 1)
Les infirmiers me dirent plus tard que dans leur jargon, j’avais fait une montée en flamme. Moi ça m’avait fait plutôt l’effet d’une bombe humaine : Human Bomb...

Mais après tout cela, d’où me venait tout à coup cette attirance aux jeunes femmes d’origines marocaines, algériennes, tunisiennes, une libyenne, et les juives dans le sens peuple bien sûr...

J’avais été élevé par une arrière-grand-mère catholique mais d’origines et pratiquante de cérémonies indiennes, une grand-mère douce et aimante, un mère catholique et dépressive, un père CGT et Communiste, un grand-Père libertaire, et Franc-Maçon... 
Je m’étais fait ma propre éducation, au milieu de mes apprentissages contradictoires, complexes voire schizophrènes, de multipolaire heureux comme David Bowie avec Aladin San et Ziggy Stardus), quand je ne pétais pas les plombs sous les effets ou faits inconscients de collègues, clients, voisins, voire ami(e)s accélérateurs de mes particules... 
Etait-ce cet esprit pervers polymorphe,  mes racines conscientes et multiples, cette curiosité sous forme de lien (qu’on verra dans d’autres nouvelles) qu’envers mes origines indiennes qui m’attiraient et me donnait de l’empathie par rapport à la place de la femme et l’éducation et les racines des jeunes maghrébines décomplexées ?

Je me disais que sur cette affaire il faudrait que je me pose sérieusement :

Je pris rendez-vous avec Nadine toutes les semaines dans un café de Toulouse pour corriger mes nouvelles. Je pris rendez-vous avec Christine  pour aller voir un soir régulièrement un concert de rock. Je me remis à faire tous les matins du footing en commençant par 120 battements par minutes. Je fis avec Evelyne ma chef bien aimée un dossier pour changer de grade et augmenter dans la hiérarchie postale ainsi que de pulser en tant soit peu mon salaire. J’allais tous les dimanches à la nouvelle piscine des Argoulets avec Alain pour faire les cachalots de service... Sans compter d’autre ancrages forts pour m’empêcher de dériver...

Un soir où j’avais fumé un bédo (l’alcool m’étant interdite):
- Fais gaffe ! m’avait dit mon neveu qui m'avait refilé l’herbe, c’est du fort...
Puis j’envoyais en sms à « l’ancienne » , le même message à Djamila et Leila : « Chère..............., je te kiffe grave, je veux vivre un truc fort avec toi. Amour. ». Sauf que l’herbe obérant mes facultés tactiles, j’intervertis leurs numéros de Téléphone.
Malheureusement encore deux occasse de perdues.
Il allait falloir que je songe à changer de bureau de Poste car je leur avait dit où je bossais et je ne voulais pas qu’elles y débarquent toutes les deux.
Vu que je continuais à lutiner les jeunes filles, mon copain Frantz me donna ce conseil :
- Si tu lèves une petite et qu’elle passe la nuit chez toi, en général elle revient le lendemain avec ses affaires de toilettes et ses slips de rechange. Là, elle met sa brosse à dent rouge dans ton verre à brosse à dents où il n’y a que la tienne (qui est bleue...). Pendant qu’elle repart au boulot, tu fonces à la pharmacie où tu en achètes une jaune. Tu la mets dans le verre. Le soir en rentrant elle fait sa toilette avant de se couche, aperçoit  l’autre brosse, comprends qu’elle n’est pas seule à venir et en tire de suite les conséquences. Et Basta Cosy !


FIN     




FLASHMOB CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (JANV 2013)
"One billion rising" à Toulouse,  par Sylvain le Momo



Les bérus, La haine et le sang





Hier Djamila, ma complice berbère insoumise et libertaire, m’a invité à un Flashmob.

Message du 13/02/13 19:36
> De : "Djamila. »
> A : " sylvain le mômo »
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> Objet : Tr:Flashmob contre les violences faites aux femmes 
jeudi 14 février 2013 à 18h30
Lieu :Toulouse / Place du Capitole / 31000 Toulouse



À l'occasion de l'événement mondial « One billion rising », porté par la fondation V-Day et Eve Ensler auteure des « Monologues du vagin », Osez le féminisme 31 (avec Amnesty Toulouse) organise une Flashmob pour lutter contre les violences faites aux femmes. C'est le 14 février à 18h30 et c'est place du Capitole.
Le chiffre de l'ONU est sans appel : un milliard de femmes dans le monde - une femme sur trois - est, a été ou sera victime de violences. Qu'il s'agisse de violences domestiques, de crimes sexuels, de crimes de guerre, de « coutumes » culturelles « justifiant » la torture de femmes, ou du harcèlement au quotidien, la fondation V-Day se mobilise pour les dénoncer dans le monde entier.
Plus de 180 pays ont rejoint One Billion Rising (l'objectif est qu'un milliard de personnes se lève). Un blog relate les actions organisées sur tous les continents : onebillionrising.org
La participation de la France, et de son mouvement féministe, est essentielle dans ce combat.
Danser pour mobiliser !
Osez le féminisme 31 (avec Amnesty Toulouse) s'engage à l'occasion de cet événement et organise une Flashmob avec et pour les toulousainEs. Le RDV est donné ce sera le 14 février, jour de la saint-valentin, sur la place du Capitole. Pour celles et ceux qui voudraient participer vous pourrez trouver la chorégraphie à mémoriser ici. Une grande répétition est organisée dimanche 10 février à 11h place du Marché saint Aubin !
La tenue souhaitée est aux couleurs de Toulouse : rouge et noir !
Site :osezlefeminisme.com

Il n'y avait pas grand monde, beaucoup d'appareils photos.
Une cinquantaine de Filles et quelques Garçons  sous l’œil complice de leurs mamies, certainement des anciennes des mouvements féministes des 70’s : Batailles pour l’avortement et luttes contre les viols des gamines dans les caves des HLM.
Un mec m’a dit qu’elles auraient du faire leur manif, Place Abbal au Mirail ou ça se passe en ce moment. Mais là, je lui ai dit qu’il aurait fallu inviter les gros bras du Front Révolutionnaire Anarchiste pour calmer les ardeurs des jeunes islamiques radicaux, mais ça c'est trop demandé, même la BAC n’y fout plus les pieds.
J’y vais des fois en prétextant faire des photos de Tags, pour sentir l’atmosphère du moment.
J’y ai vécu pendant six ans, c’était un quartier cool avant que la Mairie de Droite ne file plus de fric aux assos de quartier, ils avaient peur de financer l’islamisme qu’ils disaient.
Dans cette mairie il y avait trois conseillers, anciens d’Ordre Nouveau qui faisaient passer Dominique Baudis pour un P.D. Voir affaire Karl Zéro sur Canal Plus, le beau frère de Frigitte Bargot tous deux anciens du GUD...
Après le Flash ont est allé avec Djamila et Anne assistante sociale qui travaille à la mine à Empalot, boire des blancs cassis au Florida avec plein d’olives.
C’est un de mes endroits préférés à Toulouse pour écrire, on y rencontre des jeunes étudiantes étrangères souvent fort délurées avec qui on peu finir la nuit à poil dans le même lit, sans se toucher, en buvant, fumer des pets et essayer de discuter toute la nuit ce qui est souvent difficile avec celles qui ne parlent ni l’anglais ni l’espagnol que je maîtrise un peu. Moi je parle le Navajo et L’Hébreu mais j'ai jamais rencontré d’indiennes du peuple du Diney .
On s’est quitté vers neuf heures, j’avais pas envie de rentrer trop vite chez moi.
En remontant la rue de la Colombette je me suis arrêté dans un resto de Cassoulet que je connaissais bien.
Il n’y avait personne, j’avais jamais vu ça ici.
Le patron m’a dit que c’était à cause de l’affaire des Cassoulets Spanguero et les clients qui l'avaient déserté comme de gros imbéciles. Peuple de veaux, me dit-il. Ferait mieux de débrancher leur télé ou de se faire peur sur les réseaux.
Lui il avait de la traçabilité pour ses saucisses.
Tiens je vous invite ! qu’il m’a dit, on s’est fait péter la panse. J’ai quand même payé la boutanche de Fitou.
Après le dessert, il a sortit de la gnôle et on est allé se finir en cuisine avec le cuistot, comme de vieux Tontons flingueurs.
A un moment il s’est levé raide comme un bâton en hurlant : n'ont qu’a pas nous emmerder on bouffe bien du cheval en France n’en déplaise à Brigitte Bardot.
J’ai levé mon verre et lui ai dit : Yes Sir.
Le cuistot s'est écroulé sur la table.
Je suis parti et je suis allé dormir dans ma caisse garée sur le bord du Canal.
Les Ghanéennes  tapaient à la vitre et me réveillaient pour savoir si je voulais une passe. Je leur ai dit que je bandais plus à cause des médocs que je prenais pour ma prostate.
Bref, la nuit fut belle.



 
LES TEMPS CHANGENT -1- (novembre 2011)
par Sylvain le momo



Sur Bryan Ferry "Times are changing" de Dylan

<Toulouse, 14 octobre / 27 octobre 2011
Urgences Psy. hôpital Purpan   

Avec Zaoui (Ma Zaougouille, Zaz, Salut la miss, Zou zou),

Djamila (belle femme de 40 ans qui veut vivre avec moi),
Bendehila, Touriaha, Alias (Réunionnais de Saint Denis)>





Croquis 'sans titre' - Kim Graine



IL y avait longtemps que je n’avais pris un tel shoot.
Cela n’avait rien à voir avec celui que je devais commettre avec Vinc le patron de l’Aéro pour annoncer une soirée prévue en décembre avec comme vedette le Père Noël Solidaire et Durable.
Avec mon look de gros Bérurier salace c'était clair que les participants allaient se demander si le Père Noël serait toujours une sale ordure en cette fin d’année 2011...
Vinc m'avait dit :
- Tout est dans la question, il faut déconner un max. et engendrer beaucoup d’humour... tu as le physique de l’emploi et la verve de Coluche... avec toi on pourra ramasser pas mal de tunes pour le secours populaire qui fait affaire avec nous...
-  Ne fait pas le con ! lui avais-je répondu. Te gourre pas de secours ! Ne te mets pas en cheville avec les cathos, je les ai assez sucés ces enfoirés et j’ai longuement souffert dans ma jeunesse d’être né à Montauban (rapport aux scandales de pédophilies qu’il y eut dans cette ville entre les deux guerres et dans lesquels clergé et politiques étaient impliqués).
Etait-ce ce une bonne idée de faire intervenir le Père Noël en cette fin de règne du capitalisme ? Robin des Bois ne serait-il pas plus indiqué pour pourfendre le shérif de l’Elysée et pouvait-on lui faire confiance avant 2012 ? Allait-il lui aussi nous « sarkoniquer »?
Mystère et Humble de Garonne.

Magic Système « Zoulou » passait sur la télé pendant que Zaioui et Djamila exécutaient une danse arabe à mon intention, chaloupée et enivrante mais qui avait du mal à me relever de ma cuite chimique en section fermée.
Je pris la clope que me tendait Ben et nous allâmes avec Julien l’infirmier nous en fumer une dans la pièce attenante.
Par la vitre, je contemplais Djamila comme hypnotisé, grillant ma cigarette J.B.
Ben perçut mon émoi :
- C’est une belle femme la sœur, tu as l’air de la kiffer.

La télé était aux manettes d’Alias et on n'avait droit qu’à des chaînes de zique. Il n’y avait aucun sociétaire pour mettre des programmes de merde style TF1 et j’avais négocié qu'au moment des pauses des filles je sois seul à regarder I Télé et resté ainsi branché sur le spectacle du monde.
- Cette manie Ben que vous avez d’appeler toute les maghrébines vos sœurs... Oui elle me fait kiffer grave Djamila.
- Tu nous as dis hier soir avoir des origines indiennes Philippe... Donc comme pour toi avec tes congénères des tribus Navajos, Djamila est de mon peuple et peut être de ma tribu...

Après leurs arabesques, Zas et Djamila étaient en nage. Zaz commanda deux carafes de « Strawberry Full » à Lucien l’infirmier fantaisiste qui leur dit qu’avec ça elle allait décoller. Devant mon air ahuri elle me dit :
Ne t’en fais pas Philippe ce n’est que de la fraise. Mais attention à la fraise ???
Oui, dis-je mais tout dépend comment elles sont cultivées ou de ce que l’on y met dedans...
Touriaha s’était réveillé le premier vers 7 heures en me disant :
- Il n’y avait aucune mouche qui volait... Heureusement car j'avais une érection monumentale et en éjaculant comme un vulgaire D.S.K. je l’aurais scotchée contre un mur.
 Mais Zaouauia l’avait devancé à 6 heures et Touriaha n’avait pas remarqué sa présence. Il rougit d’avoir pu faire une connerie aussi lamentable devant elle.
Zouzou, la belle trentaine, sourit et dit :
- Les hommes ne voient pas les femmes se lever.
Et se tournant vers moi :
- Tu comprends Philippe, chez nous la femme se lève à 4 heures du matin pour préparer la gamelle du mari.
Encore une histoire de religion, lui répondit-je...

Djamila, la quarantaine mure, visage parfait, nez aquilin, chevelure au henné et aux formes légèrement rondes, acquiesça en souriant. Elle leva les yeux vers moi en sirotant son «strawberry» et d’un regard doux et plein de promesses elle enfonça sa chourmia dans mon corps comme les griffes du Lion pénètrent dans celui de la Gazelle.
Sauf que là ce n’était pas signe de mort, mais la porte ouverte à d’infinies voluptés.
- Tu ne crois pas en dieu, dit Djamila qui avait tout retenu de la conversation avec Zouzou.
Je crois plutôt aux dieux qui ont été des hommes bien vivants et que les petites gens sous la houlette de malins experts, les prêtres, ont créés pour juguler leur peur. Regarde-les : Jésus Christ dans ma religion, Mahomet dans la tienne, Jehova chez les Juifs, Mathieu Ricard (Heu non ! Merde ! Sidahartha chez les bouddhistes... Ricard étant leur commercial actuel), sans parler des animistes et des indiens d’Amériques...
Le visage de Djamila devînt grave :
- Tu me fais rigoler Philippe. Tu te crois quoi : athée, agnostique ? Tout ceux que tu viens de citer ne sont que des prophètes, Dieu est unique comme le livre même s’il est apparu selon les civilisations sous des formes divergentes et le dernier livre est bien le Coran.
Gasp !!! Ses arguments étaient aussi béton qu’un discours de Tarik Ramadan, je ne m’avisais pas à la contredire et contournait l'obstacle. Je pris sa main, son pouls battait fort, et lui dit :
Remontre-moi ce pendentif que tu as trouvé dans la rue avant que les trois Skins du F. haine ne t’agressent et ne veuillent t’embarquer dans leur voiture. Tu nous as dit qu’il t'avait protégée et t’avait permis de hurler malgré le fait que tu étais morte de trouille (Les flics, le SAMU ont débarqué pendant que les Skins se barraient fissa dans leur caisse go fast...) Après un léger questionnaire dans le camion de Police, le SAMU t’a prise en charge et tu t’es trouvée avec nous ici avec ton talisman.
Au bout d’un moment, je reconnus ce Talisman, il ressemblait à celui que j’ai vu dans la panoplie Navajos de ma grand-mère et qu’elle utilisait pour la divination. Il me paraissait parfaitement identique.
J'étais ému, je commençais  à l’appeler Djam dans ma tête, le signal que toutes mes barrières lâchaient...
Djamila s’allongea sur la banquette auprès de moi, me demanda si elle pouvait mettre sa tête sur mes genoux. Elle prit ma main et l’enfonça dans ses cheveux. Je n’en demandais pas tant et cela me procura une érection qu’elle dût bien sentir... Elle me sourit. J’essaya d’avoir l'air digne pas celui du mec qui va bientôt la rejoindre dans sa chambre... (ce qui était d'ailleurs formellement interdit.)
-Tu vois Zouaouai qui nous regarde d’un air tendre presque à la limite de la larme au coin d’un œil sorti de «feug de l’amour», il y a des choses qui se passent en ce moment... Est-ce à cause des alignements des planètes au-dessus de nous ?
-Tu nous fais chier avec ça Philippe, c’est simplement Dieu dit-elle me serrant le sexe dans la main d’un air gourmand et se lançant dans un éclat de rire communicatif.
-C’est ma tournée de «strawberry », dit Lucien l’infirmier ludique.
Je compris que cela allait être ma fête et qu’une nouvelle vie s’ouvrait à moi. Il allait falloir que je m’accroche, que je donne du meilleur de moi-même et que je ne déçoive pas cette belle et jeune femme (16 ans de moins que moi ! Quand même...)

Sylvain le momo




LE SPECTACLE [juin 2009]

Un monsieur, sociologue, de son état, disait vivre, dans une société ,dans laquelle le spectacle est roi, et où, certains,- cherchent dans les yeux de l'autre, le reflet, non de leur propre image, mais de celle qu'il voudraient donner d'eux même.
Donc selon ce monsieur, le paraître primerait sur l'être… Possible, mais ayant fait mes "humanités à l' école  Voltaire (place du Puig à Perpignan) je ne m'aventurerai pas dans l'art, ô combien difficile de la rhétorique
Mes, propos, autrement plus simples, rejoignent, néanmoins sur un point précis ceux de ce monsieur : nous vivons bien dans une société dans laquelle le spectacle est partout, certes, mais il y a le spectacle " fabriqué" et celui qui ne l'est pas.
Car la vie en société est un spectacle permanent, et les lieux de vie, une scène, sur laquelle tout un chacun acteur / spectateur, évolue ; la représentation est, gratuite, il en coûte juste l'effort de regarder autour de soi.
Laissez, vous entraîner, un dimanche matin, par le flux qui vous mènera à la place Cassaynes, lieu culte, dans lequel, des chalands, viennent se ressourcer, prendre un bain de foule, beaucoup plus bigarrée et haute en couleurs que celle qui hante les temples de la consommation.
Foutoir magnifique, dans lequel vous trouverez tout et pas grand chose, pas forcément meilleur, marché, mais la "valeur ajoutée " faite de rapports autres que virtuels, pèse lourd dans la balance.
Lesté d'achats ,que votre âme sœur (ayant des choses à voir, dont l’intérêt vous échappe ), laisse à votre garde non sans les recommandations d'usage, profitez de la pause, devenez spectateur.
Nul besoin d'imaginaire, le spectacle se suffit à lui même, hétéroclite, étonnant, des flux ascendants et descendants réussissent sans heurts majeurs et avec une civilité inhabituelle à se faufiler dans les venelles que sont les chiches espaces "libres" délimités par les étals.
Certains couples, disparates ( selon votre critère forcement subjectif) intriguent, autorisent des  supputations ridicules car chacun sait que question goûts et couleurs...
Le comportement des maris / conjoints amuse, non déterminants quant au choix des achats, souvent la tête ailleurs, et le regard aussi ... Jouent sans rechigner, le rôle du supplétif, bon à tout faire.
Un spectacle de prime abord, insolite, puis, désolant , ramène à une réalité bien moins festive, deux personnes âgées, mari et femme sans doute; un petit chien, tenu au bout d'une longue laisse, précède le couple et "ouvre" le chemin.
La dame accrochée à la poignée suit à distance, sourire aux lèvres et regard absent, le mari, placé à mi longueur, entre le chien et son épouse, tient la laisse et à distance contrôle l'animal.
Cette image, insolite, dérange, met mal à l’aise ; elle fait pourtant aussi, partie du spectacle qu'est la Vie, dans lequel chacun joue son propre rôle, sans sur jouer pour autant.

De notre "envoyé spécial" à Perpignan